Accepter d’attendre

Je voudrais vous partager une réflexion sur le temps et l’attente.

Mon ami se faisait opérer des dents de sagesse en ambulatoire dans une clinique assez loin de chez moi. Il m’a demandé d’aller le chercher pour 13h30. Je suis donc arrivée toute contente en avance à 13h, en ayant bravé le périphérique, après quelques blagues que m’a fait le GPS, puis les sueurs froides pour trouver à se garer près de la clinique. J’arrive donc à l’accueil pour me présenter et je tombe sur une dame assez désagréable qui me dit qu’il est en salle de réveil et qu’il sort à 16 heures et non à 13h30. Et que ce n’est pas à moi de décider de l’horaire de sortie… Je lui explique que je n’ai pas inventé l’horaire, c’est ce qui m’a été transmis.

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Je réfléchis rapidement : je ne vais pas rentrer chez moi, j’en aurais pour heure aller-retour, et j’ai mis du temps pour trouver une place pour me garer. Si je pars je risque de la perdre.

Je demande si je peux attendre quelque part, elle me fait un signe de tête pour m’indiquer la salle d’attente. Je m’assois dans cette salle ouvre mon sac à main et là je me rends compte que je n’ai pas pris de livre… Mon téléphone portable n’a presque plus de batterie, et je n’ai pas de calepin non plus sur moi…

À ce moment-là j’ai ressenti un sentiment de panique : qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire pendant 3 heures ? Moi qui n’aime pas perdre de temps… Habituellement je suis la championne de la technique du gain de temps (s’occuper efficacement à chaque temps mort, file d’attente, transports en commun…). À ce moment précis je me suis sentie prise de​ court et j’ai ressenti un sentiment de peur et de frustration.

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Je me suis alors souvenue d’une conversation que j’ai eu la semaine passée avec une jeune entrepreneuse qui me disait qu’elle était addict à son portable (comme la plupart d’entre nous d’ailleurs, voir l’article que j’ai écrit sur ce sujet : « Comment être moins phone-addict »), aux réseaux sociaux, et qu’il lui était impensable de sortir de chez elle sans ses écouteurs. Elle m’expliquait que son père lui avait dit qu’il se souvenait du temps où lorsqu’il prenait le train, à la gare il ne faisait rien d’autre que d’attendre. Attendre le train et profiter du moment présent, regarder les gens, laisser ses pensées vagabonder.

J’ai fait évidemment le rapprochement avec mes grands-parents qui me racontaient quand j’étais petite, qu’ils faisaient des kilomètres pour aller à l’école et parfois seuls. Mon arrière-grand-mère mettait une journée aller-retour pour descendre en ville une fois par semaine. Adoptait-elle la technique du gain de temps ? Quand elle marchait, elle marchait : elle n’écoutait ni musique ni podcast. Quand elle attendait, elle attendait. Moi j’optimise tellement mon temps que je me sens prise de court et en danger dans ce genre de situation.

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Et là je me suis rendu compte du comique de la situation. Je n’avais même pas demandé à la dame de l’accueil comment allait mon ami. Je ne me reconnaissais pas. La notion de gestion du temps est importante pour moi, mais au point de paniquer et d’en oublier l’essentiel ? Parfois il faut savoir lâcher prise, se reconnecter à l’essentiel et accepter de “perdre son temps” au sens où je l’entends dans cette situation évidemment. Je me suis levée et je suis allée demander des nouvelles de mon ami à l’accueil. Je suis ensuite retournée dans la salle d’attente en laissant vagabonder mes pensées. En soi, c’était plutôt agréable et le temps est passé plus vite que prévu. J’ai eu quelques bonnes idées, mais n’ayant pas de quoi noter je me suis dit : “tant pis si je les oublie, j’en aurai d’autres et aujourd’hui je m’autorise à ne pas avoir de but précis.”

J’ai pu aller voir mon ami à 15h10 dans sa chambre, et il allait plutôt bien. Il m’a demandé si je n’avais pas trop attendu, je lui ai dit qu’il n’avait pas de soucis à se faire, le temps avait passé très vite.

Voilà une anecdote personnelle, n’hésitez pas à me partager les vôtres sur le temps ou bien un autre sujet,

Paix & gratitude

Virginie

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5 réflexions sur “Accepter d’attendre

  1. La situation rapportée renforcera certainement ta capacité de résistance face à de telles situations.
    En fait, je pense que tu as eu plutôt affaire à la gestion de ton stress provoqué par la situation en question et non pas de ton temps.
    À ta place j’aurais du faire au moins 5000 pas en marchant.

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    • Merci pour ton commentaire, en effet il y a probablement un peu des deux. Le stress dans ce genre de situation a été provoqué par l’impression de ne pas être maître de son temps et d’avoir l’impression de le perdre, alors que ce genre d’expérience est en fait très bénéfique.

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  2. J’ai vécu une situation relativement similaire vendredi. Je devais aller chercher mon ami au travail à 22h, j’attendais dans la voiture sauf que finalement, il a finit à minuit. J’étais partagée entre le fait d’être contente qu’il travaille après une longue interruption et le fait d’être frustrée d’attendre à ne rien faire : mon forfait d’internet était finit, j’avais déjà regardé et fait le tri dans mes photos du téléphone et je n’avais pas de livre. Ce soir-là, j’en ai profité pour regarder la lune un moment. Je reconnais que j’aime bien gérer mon temps et savoir ce que je fais à tel ou tel moment. J’essaie de plus en plus de relativiser car parfois cela fait du bien de ne rien faire.

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